Roberta Paltrinieri – Perle di cultura – La misteriosa colonna ofitica di Santa Maria della Neve a Quarantoli

Née à Mirandola, elle est titulaire de plusieurs diplômes de Master 2 (M2) de l’Alma Mater Studiorum, Université de Bologne, avec un profil multidisciplinaire d’excellence en philosophie, littérature, histoire et arts.
Elle a fondé son propre Studio Didattico, une private teaching school, où elle a enseigné pendant plus de vingt ans en tant que private tutor and learning coordinator.
Parallèlement à cette activité, elle a exercé pendant quinze ans comme enseignante de matières littéraires dans les établissements publics de la province de Modène.
Au fils des ans, elle a également complété sa formation par des parcours de spécialisations auprès de prestigieuses fondations italiennes.
Ancienne rédactrice de textes d’art et auteure de fascicules thématiques sur divers sujets spécialisés, elle a animé des séminaires et des conférences également à l’étranger sur l’art italien.
Elle collabore régulièrement à différents titres avec des professeurs d’université en Italie et à l’étranger.
Elle est chercheuse indépendante, écrivaine et ghostwriter.
Elle a entrepris sa collaboration avec Al Barnardon portée par la conviction que la culture locale, sous toutes ses facettes, de l’art à l’histoire, de la littérature à la philosophie et aux traditions, constitue un patrimoine inestimable qu’il convient de soutenir et de valoriser.
LA MYSTÉRIEUSE COLONNE OPHITIQUE DE SANTA MARIA DELLA NEVE À QUARANTOLI

Dans l’église romane Pieve di Santa Maria della Neve à Quarantoli, Mirandola, est conservé un élément architectural remarquable, tant par sa forme que par la rareté de ses exemplaires : une colonne ophitique. La caractéristique qui distingue cet élément original est l’impossibilité de lui attribuer une interprétation univoque, car il est lié à des significations diverses et multiples, y compris ésotériques.
L’église, érigée dès le IXe siècle et documentée depuis 1044, a été entièrement reconstruite selon les canons de l’architecture romane au XIIe siècle à l’initiative de Mathilde de Canossa. Après les restaurations du XVe siècle, l’église fut transformée en 1670 selon le goût baroque, encore visible sur la façade.
L’édifice actuel est une reconstruction due aux interventions de restauration controversées de l’archiprêtre don Alberto Fedozzi entre 1915 et 1945 ; si celles-ci visaient d’un côté à mettre en évidence les caractéristiques romanes, elles ont de l’autre entraîné des modifications plutôt radicales, telles que le presbytère avec déambulatoire d’inspiration ravennate.

La structure réelle de l’église romane présente un plan basilical à trois nefs avec une charpente apparente, tandis que les murs d’enceinte et les colonnades ont été reconstruits

Les éléments les plus intéressants appartenant à la phase originelle de la Pieve sont les ornements sculptés : la chaire reposant sur deux télamons en pierre, avec des sculptures romanes encastrées représentant les symboles des quatre Évangélistes, datables entre le XIIe et le XIIIe siècle et attribuées à l’école de Wiligelmo, ainsi qu’une loggia construite avec des chapiteaux à béquille de réemploi sur des colonnettes provenant probablement d’un cloître disparu.

L’autel majeur est particulièrement singulier : il est composé d’éléments appartenant certainement à la Pieve. Construit de manière simple, l’autel est formé d’une table en pierre de taille sur laquelle est gravée, en chiffres romains “MCXIIII indictione VIII-XVII Kalendis decembris”, le 15 novembre 1114 date de la consécration, soutenue par deux petits piliers de style roman tardif d’une facture remarquable, attribués à des maîtres d’œuvre actifs sur le chantier de la Cathédrale de Modène. Le pilier raffiné de gauche est surmonté d’un chapiteau cubique finement ciselé de feuillage incliné.

Le petit pilier de droite est sans aucun doute le plus singulier : il présente un chapiteau à volutes avec une nette décoration de feuilles et de branches, reposant sur des colonnes ophitiques ou nouées.

Par colonnes ophitiques, également appelées colonnes nouées, on entend un élément architectural composé de deux colonnes unies par un nœud plat ; le terme « ophitique » dérive du grec ophis, signifiant serpent, auquel l’entrelacement du nœud entre les deux éléments sculptés peut vaguement ressembler. Les exemples connus de colonnes ophitiques se trouvent presque exclusivement dans des édifices religieux de l’époque romane.
Outre la Pieve di Santa Maria della Neve, l’un des exemples les plus anciens avec la Pieve de Gropina dans la province d’Arezzo, on retrouve ces colonnes dans d’autres lieux de culte majeurs comme, pour ne citer que les plus proches géographiquement, la Cathédrale de Modène et celle de Ferrare, les basiliques de San Zeno à Verone et Saint-Marc à Venise, les abbayes cisterciennes de Chiaravalle Milanese et de Chiaravalle della Colomba dans la province de Plaisance, ainsi que l’église San Michele à Pavie.
Les informations concernant cette typologie particulière sont très rares, celle-ci étant passée presque inaperçue ou ayant été superficiellement indiquée comme un artifice ornemental né de l’inventivité de l’exécutant.
Toutefois, au cours du Moyen Âge, la colonne ne représentait seulement un élément structurel ou décoratif, mais renvoyait à de multiples significations. C’est pour cette raison que la colonne ophitique revêt un intérêt spécifique. On se demande en effet quelle interprétation attribuer à cette particularité architecturale, assez rare et limitée à des zones géographiques précises, et quels contenus elle pouvait représenter pour les contemporains.
L’explication la plus immédiate du sens des colonnes ophitiques découle de leur territorialité. Elles pourraient avoir été utilisées comme une marque distinctive par un atelier ou une famille spécifique de bâtisseurs, tels que les Maestri Comacini (Maîtres Comacins). En effet, on retrouve ces colonnes partout où ces maîtres tailleurs de pierre ont prêté leurs habilités constructives et artistiques, faisant de cet élément la matérialisation de leur présence. Mais qui étaient donc ces artisans-artistes ?
Les Maestri Comacini étaient des maîtres d’œuvre, maçons, tailleurs de pierre, stucateurs et sculpteurs, actifs principalement entre le VIIe et le XIIIe siècle, originaires de la région comprise entre le lac de Côme, dont dérive leur étymologie, et le Canton du Tessin.
Les premiers témoignages concernant les Comacini remontent au VIIe siècle, lorsqu’ils sont cités par le roi lombard Rothari dans son Édit de 643, où ils sont désignés comme des « travailleurs du Sacré » (laboratores sacri).
Les Comacini étaient des artisans itinérants qui se déplaçaient principalement dans le nord et le centre de l’Italie, mais aussi en Suisse, en Allemagne et en France. Ils voyageaient souvent le long des chemins de pèlerinage, diffusant ainsi leurs techniques de construction et leur style décoratif.
Leur appareil ornemental était d’une grande suggestion, caractérisé par des décors d’entrelacs, des motifs géométriques, des chapiteaux sculptés de figures chimériques et zoomorphes, de télamons et de symboles chrétiens. Parmi les élément iconographiques et allégoriques, les Maestri Comacini privilégiaient les motifs végétaux, les labyrinthes et les colonnes, en particulier les colonnes ophitiques.
Ces maîtres artisans travaillaient dans l’anonymat, mais, au-delà de leur reconnaissabilité stylistique, les édifices romans dans lesquels ils ont opérés présentent ces colonnes qui peuvent donc être considérées comme une véritable signature sculpturale.
Une seconde interprétation de cette singularité architecturale est liée à sa position au sein des édifices de culte. On associe en effet aux colonnes ophitiques une fonction apotropaïque ou de protection, en raison de leur présence aux points d’accès ou aux limites de l’espace sacré. L’analyse des lieux où elles ont été découvertes met en évidence un mode d’utilisation directement lié à cette fonction de protection. En effet, les colonnes ophitiques se trouvent essentiellement le long du limen sacré, c’est-à-dire dans le portail d’entrée, au niveau des baies géminées périphériques ou à la limite de l’espace du cloître ; cela souligne une volonté de protection contre les influences négatives ou les esprits malins, en lien avec d’anciennes traditions religieuses et mystiques.
Le but symbolique de protéger le lieu de culte et d’éloigner les esprits du mal lie les colonnes ophitiques au puissant archétype biblique des mythiques Jachim et Boaz, les colonnes du Temple de Salomon à Jérusalem. Ces colonnes délimitaient le vestibule de l’édifice sacré (1Roi 7, 15-22 ; 2 Chroniques 3, 15-17) et, en plus de protéger le Temple, elles marquaient métaphoriquement la frontière initiatique entre la Terre et l’au-delà.
Un exemple de cette fonction de séparation entre le monde des vivants et celui des morts, attribuée aux colonnes ophitiques, peut être observé à la Cathédrale de Modène. Ici, les colonnes sont placées à l’entrée latérale, la Porta Regia, qui délimite la cathédrale de l’actuelle Piazza Grande, sous laquelle se trouvait la plus vaste nécropole romaine de la ville.

Une autre explication de la présence de ces colonnes réside dans le nœud plat qui le caractérise. Considéré comme la représentation du Nœud de Salomon, ce nœud était lui aussi interprété comme un symbole de protection, une sorte de barrière : on considérait en effet que les entrelacs dont il était formé possédaient le pouvoir occulte de dissiper sorcelleries et maléfices.
Ce type de nœud, utilisé par les bâtisseurs romans, renvoyait aussi bien au Nœud de Salomon biblique qu’à celui d’Hercule, les deux entrelacs étant pratiquement interchangeables dans leur forme. Le nœud du héros mythique grec était probablement plus populaire ; en effet, de nombreuses représentations romaines montraient Hercule qui, après avoir accompli son premier travail, nouait autour de son cou la peau du lion de Némée. Dès l’antiquité on attribuait au nœud d’Hercule, représenté dans les habitations comme sur les champs de bataille, une fonction apotropaïque capable d’éloigner le danger et les forces du mal, une particularité qui s’est maintenue même après l’avènement du christianisme.
La crainte de Dieu, toujours présente dans le quotidien des populations du Moyen Âge, et l’espoir d’une vie meilleure dans l’au-delà motivaient une profonde dévotion qui se manifestait également à travers les pèlerinages pour le salut de l’âme.
À cet aspect peut se rattacher une autre acception des colonnes ophitiques. Selon les édifices où elles étaient placées, elles pourraient représenter une sorte de landmark (pointe de repère), des indicateurs de lieux de culte considérés comme étant d’une importance particulière.
Comme on peut facilement le déduire de l’ensemble des édifices religieux cités où ont ouvré les Maestri Comacini, leur importance peut être rapportée aussi bien à leur valeur pour le territoire et la communauté religieuse de référence qu’à leur proximité avec les grandes voies de pèlerinage, intensément fréquentées durant le Moyen Âge.
Au-delà de tous les concepts et les interprétations abordés jusqu’ici, la valeur spirituelle de cet élément architectural est sans aucun doute la plus importante.
La colonne ophitique renferme en effet une haute signification christologique : dans les sources bibliques, le Christ est défini comme un Temple qui incarne le concept du Sacré (Jean 2, 19-21). Puisque le Christ est Celui qui vainc le mal, Il incarne totalement la fonction apotropaïque évoquée architecturalement au niveau du limen sacré.
La colonne ophitique est donc une image de Christ : c’est Lui le nœud qui unit la Terre et le Ciel à travers sa double nature, humaine et divine.
En outre, les deux colonnes et le nœud qui les enserre ont été symboliquement interprétés comme les éléments du mystère de la Trinité Divine. De même qu’il y a un seul Dieu en trois personnes, il n’y a qu’un seul élément architectural en trois parties : le Père et le Fils sont représentés par les colonnes, solides et dressées vers le ciel, tandis que le nœud représente le Saint-Esprit, l’amour divin qui unit et élève.
Le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu est également présent dans les colonnes nouées. En Christ se condensent deux natures, la divine et l’humaine, représentées par les colonnes, mais il n’y a qu’une seule personne, la Personne Divine, rendue visible par le nœud qui unit ces deux natures.
Dans ce contexte spirituel, le nœud pourrait également être interprété comme l’image de l’union solide entre les hommes de foi, avec les idéaux religieux qu’ils témoignent, et Dieu. De plus, comme ces colonnes se trouvent dans diverse abbayes, le nœud pourrait d’autant plus confirmer et soutenir le lien réciproque qui unit les moines dans leur témoignage de foi et conformité à la Règle.
Au-delà de sa signification théologique intrinsèque, il ne nous est pas permis de déduire avec certitude la fonction que ce pilier aux colonnes ophitiques revêtait au moment de son installation à Santa Maria della Neve. En effet, dans une photographie de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, conservée dans le Catalogo generale dei beni culturali (Catalogue général des biens culturels) on aperçoit le pilier adossé à une paroi ; ce n’est que plus tard qu’il fut utilisé comme support pour la table de l’autel. Nous ignorons donc si la colonne ophitique était placée près du portail d’entrée pour remplir sa fonction de protection, si elle témoignait simplement la présence des Maestri Comacini dans la région, ou si elle confirmait l’importance de la Pieve pour sa communauté locale ainsi que pour les voyageurs, en raison de sa proximité avec les grandes voies de pèlerinage. Il est toutefois indéniable que, indépendamment de sa fonction originelle, la présence de cette typicité architecturale vient enrichir davantage la Pieve de Quarantoli.
Traduit par l’auteure
BIBLIOGRAPHIE
- La Pieve di Santa Maria della Neve in Quarantoli secolo XII. Guida storico artistica, Editrice Teic, Modena, 1972
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- S. Corrente Naso, Le colonne ofitiche, funzione e simbologia, in Simboli, 28/12/2014
- F. Folloni, Misteri modenesi. Le colonne annodate e i segreti esoterici di San Geminiano, in Modena Today, 22/07/2016
- Italia nell’arte medievale, Il duomo di Modena, in www.medioevo.org
- Valente Moretti, Il pulpito di Gropina. Una splendida meditazione sulla vita di fede, Calosci ed., Cortona, 2004

Born in Mirandola, she holds multiple Master’s Degrees from the Alma Mater Studiorum, University of Bologna, having developed a distinguished multidisciplinary profile in philosophy, literature, history and the arts. She founded her own Studio Didattico, a private teaching school, where she taught for over twenty years as a private tutor and learning coordinator. Alongside this activity, she spent fifteen years teaching humanities in public secondary schools in the province of Modena. Over the years, she has also supplemented her studies with specialisation courses at prestigious Italian foundations.
A former editor of art texts and author of handbooks on various specialised topics, she has conducted seminars and lecturers also abroad in Italian art.
She maintains ongoing professional collaborations in various capacities with university professors in Italy and abroad.
She is an independent researcher, writer and ghostwriter.
Her collaboration with Al Barnardon is driven by the conviction that local culture in all its facets, from art to history, literature to philosophy, and traditions, represents an invaluable heritage to be supported and enhanced.
THE MYSTERIOUS OPHITIC COLUMN OF SANTA MARIA DELLA NEVE IN QUARANTOLI

The Romanesque Pieve di Santa Maria della Neve in Quarantoli, Mirandola, houses an architectural artifact of great significance, both for its form and the rarity of such specimens: an ophitic column. The defining characteristic of this original element is the impossibility of assigning it a single interpretation, as it is linked to various different meanings, including esoteric ones.
The church, already established in the 9th century and documented since 1044, was entirely rebuilt in the 12th century according to the canons of the Romanesque architecture at the behest of Matilde of Canossa. Following 15th century restorations, the Pieve was transformed in 1670 according to the Baroque style, which is still distinguishable on the facade.
The current building is a reconstruction resulting from the controversial restoration works carried out by Archpriest Don Alberto Fedozzi between 1915 and 1945; on one hand, these interventions sought to highlight the Romanesque features, but on the other, they introduced rather radical changes, such as the presbytery with an ambulatory inspired by the Paleo-Christian models of Ravenna.

The actual structure of the Romanesque church features a basilica plan with three naves and a truss roof, while the perimeter walls and internal colonnades have been rebuilt.

The most interesting elements attributable to the original phase of the Pieve are the sculptural furnishings: the pulpit, resting on two stone telamons with embedded Romanesque sculptures depicting the symbols of the four Evangelists, dating between the 12th and 13th centuries and attributed to the school of Wiligelmo; a loggia constructed with reused crutch capitals on small columns, likely originating from a lost cloister.

Particularly singular is the high altar, composed of elements certainly belonging to the Pieve. Built in a simple manner, the altar consists of a dressed stone mensa with Roman numerals and Latin words engraved upon it “MCXIIII indictione VIII-XVII Kalendis decembris”, 15 November 1114, the date of the consecration. It is supported by two late-Romanesque pillars of exquisite workmanship, attributed to craftsmen active at the construction of the Duomo di Modena. The refined pillar on the left is surmounted by a cubic capital, finely engraved with leaning foliage.

The pillar on the right is undoubtedly the most peculiar: it features a volute capital with a distinct decoration of leaves and branches resting on ophitic or knotted columns.

The term “ophitic columns”, otherwise known as “knotted columns”, refers to an architectural element composed of two columns joined by a reef knot. The term ophitic derives from the Greek ophis, meaning snake, which the twisting of the knot around the two sculptural elements vaguely resembles.
Known examples of ophitic columns are found almost exclusively in religious building of the Romanesque period. In addition to the Pieve di Santa Maria della Neve, one of the oldest specimens along with the Pieve di Gropina in the province of Arezzo, these columns are also found in other significant places of worship, such as, to mention only the closest ones, the Duomo di Modena and Ferrara, the Basilica di San Zeno in Verona and San Marco in Venice, the Cistercian Abbazie di Chiaravalle Milanese and Chiaravalle della Colomba in the province of Piacenza, and the church of San Michele in Pavia.
Information regarding this particular typology is quite scarce, as it is gone almost unnoticed or has been superficially dismissed as a mere ornamental device created by the sculptor’s inventiveness.
However, during the Middle Ages the column did not represent a merely structural or decorative element but evoked multiple meanings. For this reason, the ophitic column is of specific interest; indeed, one wonders what interpretations should be attributed to this architectural feature, which is quite rare and limited to specific areas, and what contents it could have represented for contemporaries.
The most easily deducible explanation for the meaning of ophitic column derives from their territoriality, as they may have been used as a distinctive mark by a particular guild or a specific family of builders or Comacine Masters (Maestri Comacini). In fact, these columns are found wherever the Comacine Masters provided their constructive and artistic skills, thus becoming a materialisation of their professional presence. But who were these craftsmen and artists? The Comacine Masters were building guilds, masons, stonecutters, plasterers and sculptors, active primarily between the 7th and 13th centuries, originating from the area between Lake Como, from which the etymology derives, and the Canton of Ticino.
The first evidence of the Comacine Masters dates back to the 7th century, when they were mentioned by the Lombard King Rothari in his Edict of 643, where they are referred to as “workers of the Sacred” (laboratores sacri). The Comacines were itinerant craftsmen; they moved mainly throughout Northern and Central Italy, but also to Switzerland, Germany and France, often along pilgrimage routes, spreading construction techniques and decorative styles.
Their symbolic ornamental apparatus was highly evocative, characterised by interlaced patterns, geometric motifs, and capitals carved with chimerical and zoomorphic figures, telamons and Christian symbols. Among the iconographic and allegorical elements, the Comacine Masters favoured plant motifs, labyrinths and columns, particularly ophitic ones.
These master craftsmen worked anonymously; however, in addition to the stylistic recognisability of the Romanesque buildings where they operated, the presence of ophitic columns can therefore be considered a sculptural signature.
A second interpretation of this architectural singularity is related to their position within place of worship.
In fact, an apotropaic or protective function is associated with ophitic columns due to their presence at access points or at the boundaries of the sacred space. An analysis of the sites where they have been found has highlighted a pattern of use directly linked to this apotropaic function. Indeed, ophitic columns are essentially located along the “limen sacrum” (sacred threshold), that is in the entrance portal, in the perimeter mullioned windows, or at the boundary of the cloister space, thus emphasising a protective intent against negative influences or evil spirits, connected to ancient religious and mystical traditions.
The symbolic purpose of protecting the place of worship and warding off evil spirits links ophitic columns to the powerful biblical archetype of the mythical Jachim and Boaz, the columns of the Temple of Salomon in Jerusalem. These columns delimited the vestibule of the sacred building (1 Kgs 7:15-22; 2 Chr 3:15-17) and, in addition to protecting the Temple, they also metaphorically marked the initiatory boundary between the earth and the afterlife.
An example of the function of separation between the world of the living and that of the dead attributed to ophitic columns can be observed in the Duomo di Modena. Here, the columns are placed at the side entrance in the so-called “Porta Regia”, which delimits the cathedral from the current Piazza Grande; in the subsoil of this square was located the city’s largest Roman necropolis.

Another explanation for the significance and presence of these columns is provided by the reef knot (or “plain knot”) that characterises them. Considered to be a depiction of Salomon’s Knot, the reef knot is also reinterpreted as a symbol of protection, a sort of barrier, since in ancient times the geometric interlacings of which it was formed were believed to possess the occult power to dispel witchcraft and hexes.
This type of knot used by Romanesque craftsmen could be referred to both the biblical Salomon’s Knot and the Knot of Hercules, as the two interlacings are practically interchangeable in form. The knot of the mythical Greek hero was probably more popular; in fact, numerous Roman depictions showed Hercules, having completed his first labour, tying the skin of the Nemean lion around his neck. Since antiquity, the Hercules knot, represented in homes and in battle, was attributed an apotropaic function in warding off danger and the forces of evil, a characteristic it maintained even after the advent of Christianity.
The fear of God, ever present in the daily lives of Medieval people, and the hope for a better life in the hereafter, motivated a profound devotion that also manifested in pilgrimages for the salvation of the soul.
To this aspect, a further meaning of the ophitic columns can be linked. Depending on the buildings where they were placed, they might represent a sort of “landmark”, indicators of places of worship considered to be of particular significance. As can be easily inferred from the group of religious buildings where the Comacine Masters worked, their importance can be attributed both to their value for the local territory and the religious community, and to their proximity to the major pilgrimage routes that were heavily travelled during the Middle Ages.
Beyond all the concepts and interpretations addressed so far, the spiritual value of this architectural element is undoubtedly the most important. Indeed, the ophitic column embodies a profound Christological meaning: in biblical sources, Christ is defined as a Temple that encompasses the concept of the Sacred (John 2:19-21). Christ is the one who defeats evil, thus fully embodying the apotropaic function architecturally evoked at the “limen sacrum”.
The ophitic column is, therefore, an image of Christ: He is the knot that unites Earth and Heaven through His dual nature, both human and divine.
Furthermore, the two columns and the knot that binds them have been symbolically interpreted as elements of the mystery of the Divine Trinity. There is but one God in three persons, there is but one architectural element in three parts: the Father and the Son are represented by solid columns, reaching toward heaven and the spiritual afterlife, while the knot represents the Holy Spirit, the divine love that unites and elevates.
The mystery of the Incarnation of the Son of God is also present in the knotted columns. In Christ, two natures, the divine and the human, condense, represented by the columns; yet there is only one person, the Divine one, made visible by the knot that unites the two natures.
In this spiritual contest, the knot could also be interpreted as an image of the solid union between people of faith and the religious ideals they testify to, and to God. Furthermore, since these columns are found in various abbeys, the knot could further confirm and sustain the mutual bond that supports monks in their testimony of faith and conformity to the Rule.
Beyond the intrinsic theological meaning, we cannot determine the original purpose the small pillar with ophitic columns served at the moment it was placed in Santa Maria della Neve. In fact, a late 19th or early 20th century photograph from the Catalogo generale dei beni culturali shows the small pillar placed against a wall; only later it was used as a support for the altar table. We do not know, therefore, whether the ophitic column was originally placed near the entrance portal to fulfil its protective function, whether it merely testified the presence of the Comacine Masters in the area, or it confirmed the importance of the Pieve for the local community and the travellers, due to its proximity to the great pilgrimage routes. Nevertheless, it is undeniable that, regardless of its original function, the presence of this architectural rarity further embellishes the Pieve of Quarantoli.
Translated by the author
BIBLIOGRAPHY
- La Pieve di Santa Maria della Neve in Quarantoli secolo XII. Guida storico artistica, Editrice Teic, Modena, 1972
- Pieve di Santa Maria della Neve a Quarantoli di Mirandola, in Ars Romanica, 6 aprile 2012
- C. Tosco, L’architettura medievale in Italia. 600-1200, Bologna, Il Mulino, 2016
- W. Ravenscroft, The Comacines: their predecessors and they successors, Forgotten Books, 2018
- F. Reggiori, Comacini Maestri, in Enciclopedia Treccani.it
- Quarantoli, Mo, chiesa parrocchiale, frammenti di sculture. Riprese della pieve di Santa Maria della Neve di Quarantoli durante i restauri (8 lastre), in Catalogo Generale dei Beni Culturali
- M. Uberti, L’enigmatica colonna annodata, in www.duepassinelmistero.com
- S. Corrente Naso, Le colonne ofitiche, funzione e simbologia, in Simboli, 28/12/2014
- F. Folloni, Misteri modenesi. Le colonne annodate e i segreti esoterici di San Geminiano, in Modena Today, 22/07/2016
- Italia nell’arte medievale, Il duomo di Modena, in www.medioevo.org
- Valente Moretti, Il pulpito di Gropina. Una splendida meditazione sulla vita di fede, Calosci ed., Cortona, 2004

Nata a Mirandola, è plurilaureata e ha conseguito le proprie lauree presso l’Alma Mater Studiorum-Università di Bologna, sviluppando un profilo multidisciplinare d’eccellenza negli ambiti filosofico, letterario, storico e artistico.
Ha fondato e insegnato per oltre vent’anni nel proprio Studio Didattico, una private teaching school, operando come private tutor and learning coordinator. A questa attività ha affiancato quindici anni di docenza di materie umanistiche nelle scuole secondarie statali della provincia di Modena. Nel corso degli anni ha inoltre integrato i propri studi con percorsi di specializzazione presso prestigiose fondazioni italiane.
Già redattrice di testi d’arte e autrice di dispense su vari argomenti specialistici, ha tenuto seminari e conferenze anche all’estero sull’arte italiana.
Collabora stabilmente a vario titolo con docenti universitari in Italia e all’estero.
È ricercatrice indipendente, scrittrice e ghostwriter.
Ha intrapreso la collaborazione con Al Barnardon mossa dalla convinzione che la cultura locale in ogni sua sfaccettatura -dall’arte alla storia, dalla letteratura alla filosofia e alle tradizioni- rappresenti un patrimonio inestimabile da sostenere e valorizzare.

La misteriosa colonna ofitica di Santa Maria della Neve a Quarantoli
Nella pieve romanica di Santa Maria della Neve a Quarantoli di Mirandola è conservato un manufatto architettonico rilevante sia per la forma che per la rarità di esemplari: una colonna ofitica. La caratteristica che contraddistingue questo originale elemento è l’impossibilità di attribuirvi un’interpretazione univoca in quanto collegato a vari e differenti significati, anche esoterici.
La chiesa, eretta già nel IX secolo e documentata fin dal 1044, venne interamente rifatta, secondo i canoni dell’architettura romanica, nel XII secolo per iniziativa di Matilde di Canossa. Dopo i restauri quattrocenteschi, nel 1670 la pieve fu trasformata seguendo il gusto barocco ancora distinguibile in facciata.
L’edificio attuale è una ricostruzione dovuta ai discussi interventi di restauro dell’arciprete don Alberto Fedozzi fra il 1915 e il 1945, che da un lato cercarono di evidenziare le caratteristiche romaniche, ma dall’altro apportarono modifiche piuttosto radicali come il presbiterio con deambulatorio di ispirazione ravennate. La reale struttura della chiesa romanica presenta una pianta basilicale a tre navate con tetto a capriate, mentre i muri perimetrali e i colonnati interni sono stati rifatti.
Gli elementi più interessanti, ascrivibili alla fase originaria della pieve, sono gli arredi scultorei: il pulpito, poggiante su due telamoni in pietra, con murate sculture romaniche raffiguranti i simboli dei quattro Evangelisti, databili tra il XII e il XIII secolo, attribuite alla scuola di Wiligelmo; una loggia costruita con capitelli a stampella di reimpiego su colonnine provenienti verosimilmente da un chiostro scomparso. Particolarmente singolare è l’altare maggiore, composto da elementi di sicura pertinenza della pieve. Costruito in modo semplice, l’altare è formato da una mensa in pietra da taglio, con incisa in cifre romane “MCXIIII indictione VIII-XVII Kalendis decembris”, 15 novembre 1114 data della consacrazione, sorretta da due pilastrini tardo-romanici di pregevole fattura, attribuiti a maestranze attive nel cantiere del duomo di Modena. Il raffinato pilastrino di sinistra è sormontato da un capitello cubico finemente inciso con fogliame inclinato. Il pilastrino di destra è senza dubbio il più peculiare: presenta un capitello a volute con una netta decorazione di foglie e rami che poggia su colonne ofitiche o annodate.
Per colonne ofitiche o, altrimenti dette annodate, si intende un elemento architettonico composto da due colonne unite da un nodo piano; il termine ofitico deriva dal greco ophis, cioè serpente, al quale può vagamente somigliare l’attorcigliarsi del nodo ai due elementi scultorei.
Gli esempi conosciuti di colonne ofitiche si trovano praticamente tutti in edifici religiosi di epoca romanica. Oltre alla pieve di Santa Maria della Neve, uno degli esempi più antichi assieme alla pieve di Gropina in provincia di Arezzo, troviamo queste colonne anche in altri rilevanti luoghi di culto come, per ricordare solo i più vicini territorialmente, il duomo di Modena e quello di Ferrara, le basiliche di San Zeno a Verona e San Marco a Venezia, le abbazie cistercensi di Chiaravalle milanese e di Chiaravalle alla Colomba in provincia di Piacenza e la chiesa di San Michele a Pavia.
Le notizie riguardo questa particolare tipologia sono parecchio scarse, essendo passata quasi inosservata o superficialmente indicata come un artificio ornamentale creato dall’inventiva dell’esecutore.
Tuttavia durante il medioevo la colonna non rappresentava solo un elemento strutturale o decorativo, ma richiamava molteplici significati. Per tale ragione la colonna ofitica riveste uno specifico interesse.
Ci si domanda infatti quali interpretazioni attribuire a questa tipicità architettonica, abbastanza rara e circostanziata a specifiche zone, quali contenuti poteva rappresentare per i contemporanei. La spiegazione più facilmente deducibile del significato delle colonne ofitiche deriva dalla loro territorialità poiché possono essere state utilizzate come “segno distintivo” da una maestranza o da una determinata famiglia di costruttori o scalpellini comacini. In effetti queste colonne si trovano ovunque i maestri comacini prestarono le loro abilità costruttive ed artistiche, divenendo quindi una materializzazione della loro presenza lavorativa. Ma chi erano questi artigiani-artisti?
I maestri comacini erano maestranze edili, muratori, scalpellini, stuccatori e scultori, attive soprattutto tra il VII e il XIII secolo, originarie dell’area compresa tra il lago di Como, da cui l’etimologia, e il Canton Ticino.
Le prime testimonianze dei comacini risalgono al VII secolo, quando vengono citati dal re longobardo Rotari prima nel suo Editto del 634 poi nelle Leggi Longobarde del 643, dove sono indicati come lavoratori del sacro.
I comacini erano artigiani itineranti: si spostavano, soprattutto nel nord e centro Italia, ma anche in Svizzera, Germania e Francia, spesso lungo le vie di pellegrinaggio, diffondendo tecniche costruttive e stile decorativo.
Di grande suggestione era il loro apparato ornamentale caratterizzato da decorazioni a intreccio, motivi geometrici, capitelli scolpiti con figure chimeriche, zoomorfe, telamoni e simboli cristiani. Tra gli elementi iconografico-allegorici i maestri comacini prediligevano motivi vegetali, labirinti e colonne, in particolare quelle ofitiche.
Questi mastri artigiani lavoravano in anonimo ma, oltre alla riconoscibilità stilistica, negli edifici romanici nei quali operarono sono presenti le colonne ofitiche, che possono dunque considerarsi come una firma scultorea.
Una seconda interpretazione di questa singolarità architettonica è correlata alla posizione negli edifici di culto.
Alle colonne ofitiche viene infatti associata una funzione apotropaica o di protezione per la loro presenza nei punti di accesso o di confine dello spazio sacro. L’analisi dei luoghi in cui sono state rinvenute ha evidenziato una modalità d’uso che si collega direttamente alla funzione apotropaica. Infatti le colonne ofitiche si trovano essenzialmente lungo il “limen sacro”, cioè nel portale d’ingresso, nelle bifore perimetrali o nel confine dello spazio del chiostro, sottolineando quindi un intento protettivo da influenze negative o spiriti maligni, connesso a tradizioni religiose e mistiche antiche.
Lo scopo simbolico di proteggere il luogo del culto e allontanare gli spiriti del male collega le colonne ofitiche al potente archetipo biblico delle mitiche Jachim e Boaz, le colonne del Tempio di Salomone a Gerusalemme. Queste delimitavano il vestibolo dell’edificio sacro (I Re 7, 15-22; 2 Cr 3, 15-17) e, oltre a proteggere il Tempio, segnavano metaforicamente anche il confine iniziatico tra la terra e l’oltretomba.
Un esempio della funzione di separazione tra il mondo dei vivi e quello dei morti attribuito alle colonne ofitiche si può osservare nel duomo di Modena. Qui le colonne sono poste all’ingresso laterale, nella cosiddetta Porta Regia, che delimita il duomo dall’attuale Piazza Grande nel cui sottosuolo si trovava la più estesa necropoli romana della città.
Un’altra spiegazione del significato e della presenza di queste colonne è data dal nodo piano che le caratterizza.
Considerato come la raffigurazione del nodo di Salomone, anche il nodo piano era interpretato come un simbolo di protezione, una sorta di barriera, in quanto anticamente gli intrecci geometrici da cui era formato si riteneva possedessero l’occulto potere di disperdere stregonerie e malefici.
Questo tipo di nodo usato dalle maestranze romaniche era riferibile sia al biblico nodo di Salomone che a quello di Ercole essendo i due intrecci praticamente interscambiabili nella forma. Il nodo del mitico eroe greco risultava probabilmente più popolare; infatti numerose raffigurazioni romane mostravano Ercole che, terminata la prima fatica, si annodava al collo la pelle del leone di Nemea. Sin dall’antichità al nodo di Ercole, rappresentato nelle case e in battaglia, era attribuita una funzione apotropaica nell’allontanare il pericolo e le forze del male, particolarità che mantenne anche dopo l’avvento del cristianesimo.
Il timor di Dio sempre presente nella quotidianità delle genti del medioevo e la speranza in una vita migliore nell’aldilà motivavano una profonda devozione che si manifestava anche nei pellegrinaggi per la salvezza dell’anima.
A questo aspetto può collegarsi un’ulteriore accezione delle colonne ofitiche. In base agli edifici in cui furono collocate potrebbero rappresentare una sorta di “landmark”, di indicatori di luoghi di culto considerati di particolare rilievo.
Come si evince facilmente dall’insieme degli edifici religiosi riportati in cui lavorarono i maestri comacini, il loro rilievo può essere riferibile sia alla valenza per il territorio e la comunità religiosa di riferimento che per la vicinanza alle grandi vie di pellegrinaggio, fortemente frequentate durante il medioevo.
Al di là di tutti i concetti e le interpretazioni affrontate finora, il valore spirituale di questo elemento architettonico è senza dubbio il più importante.
La colonna ofitica racchiuderebbe infatti un elevato significato cristologico: nelle fonti bibliche Cristo è definito un Tempio che racchiude il concetto di Sacro (Giovanni 2, 19-21). Cristo è Colui che sconfigge il male, quindi incarna totalmente la funzione apotropaica evocata architettonicamente presso il limen sacro.
La colonna ofitica è dunque immagine di Cristo: è Lui il nodo che unisce la terra e il cielo attraverso la Sua duplice natura, umana e divina.
Inoltre le due colonne e il nodo che le serra sono state simbolicamente interpretate come gli elementi del mistero della Trinità divina. C’è un solo Dio in tre persone, c’è un solo elemento architettonico in tre parti: Padre e Figlio sono rappresentati dalle colonne, solide e protese verso il cielo, l’aldilà spirituale, mentre il nodo rappresenta la Spirito Santo, l’amore divino che unisce ed eleva.
Anche il mistero dell’incarnazione del Figlio di Dio è presente nelle colonne annodate. In Cristo si condensano due nature, la divina e l’umana, raffigurate dalle colonne, ma c’è una sola Persona, quella divina, resa visibile dal nodo che unisce le due nature.
In questo contesto spirituale il nodo potrebbe essere anche interpretato come l’immagine della solida unione tra gli uomini di fede, con gli ideali religiosi che testimoniano, e Dio. Inoltre poiché queste colonne si trovano in varie abbazie, il nodo potrebbe vieppiù confermare e sostenere il vincolo reciproco che sorregge i monaci nella loro attestazione di fede e conformità alla regola.
Oltre l’intrinseco significato teologico, non ci è dato evincere lo scopo che il pilastrino con colonna ofitica rivestiva al momento in cui fu collocato in Santa Maria della Neve. Infatti in una fotografia di fine XIX inizio XX secolo del Catalogo generale dei beni culturali si vede il pilastrino addossato ad una parete; solo in seguito fu utilizzato come supporto per la mensa dell’altare. Non sappiamo quindi se la colonna ofitica fosse posta presso il portale d’ingresso per adempiere alla funzione di protezione; se abbia solamente testimoniato la presenza dei maestri comacini nella zona o confermato l’importanza della pieve per la comunità locale così come per i viaggiatori per la vicinanza alle grandi vie di pellegrinaggio. È tuttavia innegabile come, indipendentemente dalla funzione originaria, la presenza di questa tipicità architettonica impreziosisca ancor più la pieve di Quarantoli.
Auspichiamo di rivedere al più presto ripristinato questo mirabile esempio di romanico emiliano che ad oggi porta ancora i gravi segni del terremoto del 2012.
BIBLIOGRAFIA
Cfr per la Pieve di Santa Maria della Neve:
- La Pieve di Santa Maria della Neve in Quarantoli secolo XII. Guida storico artistica, Editrice Teic, Modena, 1972
- Pieve di Santa Maria della Neve a Quarantoli di Mirandola, in Ars Romanica, 6 aprile 2012 (in www.romanico-emiliaromagna.com)
Cfr per i maestri comacini:
- C. Tosco, L’architettura medievale in Italia. 600-1200, Bologna, Il Mulino, 2016
- W. Ravenscroft, The Comacines: their predecessors and they successors, Forgotten Books, 2018
- F. Reggiori, Comacini Maestri, in Enciclopedia Treccani.it
Cfr per le colonne ofitiche o annodate:
- Quarantoli, Mo, chiesa parrocchiale, frammenti di sculture. Riprese della pieve di Santa Maria della Neve di Quarantoli durante i restauri (8 lastre), in Catalogo Generale dei Beni Culturali
- M. Uberti, L’enigmatica colonna annodata, in www.duepassinelmistero.com
- S. Corrente Naso, Le colonne ofitiche, funzione e simbologia, in Simboli, 28/12/2014
- F. Folloni, Misteri modenesi. Le colonne annodate e i segreti esoterici di San Geminiano, in Modena Today, 22/07/2016
- Italia nell’arte medievale, Il duomo di Modena, in www.medioevo.org
- Valente Moretti, Il pulpito di Gropina. Una splendida meditazione sulla vita di fede, Calosci ed., Cortona, 2004

toscani alberto
Articolo molto interessante vorrei verificare se ne parlò Cappi o se si trova trattato l’argomento in tesi di Federica Covezzi” Quarantoli sculture in movimento “
19 Settembre 2025